Le Mas du Barret

MÜNZENBERG

JOURNEE FRANCO-ALLEMANDE « MONTAGNE 2026 » – UN TEMOIN RACONTE

Michel Jolland

la journée franco-allemande organisée le 3 octobre 2026 à Montagne par l’Association Européenne Willi Münzenberg (AEWM) a réuni un public nombreux dans la salle des fêtes de la commune. Placée sous le signe de la mémoire, de l’histoire et de la réflexion européenne, cette rencontre avait pour ambition de mettre en perspective l’héritage intellectuel et politique de Willi Münzenberg avec les interrogations auxquelles l’Europe contemporaine se trouve confrontée.

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L’Association Européenne Willi Münzenberg prend sa vitesse de croisière – Publication de la Lettre n° 4

Jacques Roux

L’apparition dans le paisible village dauphinois de Montagne du cadavre de Münzenberg n’a pas en son temps été un événement. Certes, rien de banal : un opposant à Hitler et Staline, d’origine allemande, suicidé ou assassiné quelque part au coin d’un bois, en pleine guerre mondiale, ne pouvait être un fait divers classique. Mais les faits sont là, une fois la paix revenue, elle a imposé ses exigences : chacun s’est remis dare-dare au travail. Le personnage Münzenberg et sa mort pour le moins mystérieuse, ont pu quelques temps alimenter les conversations de bistrot, mais très vite ne sont devenus sujets d’interrogation et de réflexion que pour les historiens professionnels. Puis les temps ont changé, l’échiquier politique s’est ouvert à de nouveaux horizons. Faute d’avoir résolu l’énigme de la mort de Willi Münzenberg on s’intéressa à son parcours, lequel offrait à certains partis cherchant à affirmer leur place sur l’échiquier un argumentaire et, surtout, des pratiques éclairantes. L’association européenne est née sur ce terreau. Le village de Montagne lui fournit une légitimité : c’est autour de la tombe du Grand Modèle que les vérités se cherchent, que les débats se mettent en place. Willi Münzenberg est mort avant d’avoir mis sur pied un « système » de pensée qui aurait paralysé toute recherche ultérieure, adaptée à d’autres problématiques que celles qu’il avait à résoudre. L’association des personnes qui revendiquent son parrainage s’inscrit dans ce champ ouvert. Elle permet à des voix pas nécessairement concordantes de s’exprimer et d’ouvrir de nouveaux chemins dans un contexte dont chacun sait qu’il devient de plus en plus complexe, sinon conflictuel. La « Lettre n°4 » de l’association, offerte aux lecteurs du Mas du Barret par Michel Jolland, témoigne de ce travail de fond qui, indéniablement, a pris sa vitesse de croisière.

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Gide et Münzenberg : deux figures de l’insoumission

Michel Jolland

Le 9 juin 2017, une découverte inattendue sur la tombe de Willi Münzenberg, au cimetière de Montagne, relance une réflexion ancienne. Une plaque funéraire jusque-là inconnue est accompagnée d’un simple feuillet portant ces mots : « À notre camarade Willi. Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis, André Gide ». Aujourd’hui, le terme « insoumis » est entré dans le paysage politique français. Un parti s’en est saisi et, de temps à autre, la formule de Gide resurgit. Le développement qui suit concerne des périodes et des personnalités historiquement situées. Les conditions de leur insoumission ne sauraient donc être confondues avec les problématiques d’ordre électoral qui ont présidé à l’avènement de l’actuel parti des « insoumis ».

Deux coprésidents pour l’Association Européenne Willi Münzenberg

Michel Jolland

Le 28 mars dernier, au cours de l’assemblée générale 2026, j’ai quitté la présidence de l’Association Européenne Willi Münzenberg (AEWM). Le passage de relais, unanimement approuvé par les membres, s’est opéré avec naturel et bienveillance. En effet, et c’est là un signe de vitalité, la relève était prête. La gouvernance de l’association évolue désormais vers un modèle de coprésidence, assurée conjointement par Bernhard H. Bayerlein, résidant à Cologne (Allemagne) et François Genton, demeurant à Moirans (France). Cette organisation reflète la dimension européenne de l’AEWM, elle vise également à renforcer la complémentarité entre ses deux ancrages historiques : Erfurt et la Thuringe, Montagne et le Dauphiné. Le Mas souhaite plein succès aux nouveaux dirigeants et publie avec plaisir le document par lequel ils se présentent à ses lecteurs.

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Des réseaux antifascistes de Münzenberg à l’espace public européen d’Habermas

Michel Jolland

Jürgen Habermas, philosophe allemand, est décédé le 14 mars 2026.  Le Mas tient à saluer les engagements et l’œuvre de celui qui a placé la communication au cœur du projet démocratique. Par sa théorie de l’agir communicationnel, il a en effet montré que la rationalité ne se réduit ni à l’efficacité ni à la domination, mais qu’elle trouve son accomplissement dans le dialogue, l’argumentation et la recherche d’un accord librement consenti. Habermas a par exemple toujours défendu l’idée d’une Europe fondée sur des valeurs partagées, une mémoire critique et une volonté de dialogue entre les peuples – et pas seulement sur l’intégration économique. Son engagement constant en faveur d’une conscience européenne postnationale demeure une référence essentielle. Sur un  site où Willi Münzenberg est souvent à l’honneur, la tentation est grande de rapprocher deux personnalités qui, à leur manière et dans des contextes bien différents, ont marqué leur temps.

(Photographie : Jürgen Habermas pendant un débat à l’École supérieure de philosophie ©: Wolfram Huke /Wikimedia Commons, http://wolframhuke.de)

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L’Union franco-allemande / Deutsch-Französische Union (1939-1940) – Un projet européen contre la dictature et la guerre : entre exil et résistance. Communication de Bernhard H. Bayerlein

Bernhard H. Bayerlein est historien et romaniste allemand (Doctorat, Université de Bochum, 1986, Habilitation à diriger des recherches, Université de Bourgogne, Dijon, 2014). Actuellement chercheur honoraire senior à l’Institut des mouvements sociaux de l’université de la Ruhr à Bochum. Ses recherches portent principalement sur l’histoire du communisme international et de l’Internationale communiste, le stalinisme et ses dimensions internationales, l’exil antifasciste et anti-staliniste, les relations franco-allemandes, l’histoire contemporaine européenne avec une attention particulière pour le Portugal, l’Espagne et la France, ainsi que les sciences politiques comparées. Il a été membre de la Commission historique germano-russe pendant plus de dix ans, professeur invité en France, au Mexique, au Brésil et est aujourd’hui secrétaire de l’Association for the Promotion of Archives et membre du Comité d’historiens franco-allemand. En tant que coprésident de l’Association européenne Willi Münzenberg, il s’intéresse également aux questions de mémoire historique dans des podcasts et des lectures scéniques. Parmi ses publications : Netzwerke gegen Hitler und Stalin. Die Pariser Wochenzeitung « Die Zukunft », Willi Münzenberg und der Traum vom neuen Europa (2025), Deutschland-Russland-Komintern (2 vol., 2014/15), Der Verräter, Stalin, bist Du ! (2008), Deutscher Oktober 1923 (2003), Moscou-Paris-Berlin (2003), Der Thälmann-Skandal (2003), Die Dimitroff-Tagebücher (2 vol./2000). 

Il commente dans ses pages un aperçu de son ouvrage à paraître.

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Journée franco-allemande « Montagne 2025 » – Munzenberg, sa vie, sa mémoire : quelles perspectives ?

Samedi 27 septembre, l’Association Européenne Willi Münzenberg (AEWM)  organisait à Montagne une journée franco-allemande placée sous le signe de la mémoire, de la recherche historique et de la convivialité. L’occasion de faire le point sur les activités en cours, mais aussi d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Reportage, notes et textes en annexe.

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Relire Hôtel Lux d’Arkadi Vaksberg : la thèse de la « machine stalinienne » à l’oeuvre contre Willi Münzenberg

Michel Jolland

La relecture d’Hôtel Lux (1), ouvrage du journaliste et écrivain russe Arkadi Vaksberg (1927–2011), s’impose à quiconque s’intéresse à l’histoire du communisme et aux mécanismes répressifs du stalinisme. Dans cette étude, Vaksberg met en lumière, à partir de documents extraits des archives secrètes soviétiques, le fonctionnement interne de la machine de terreur orchestrée par Staline. Son expérience de la vie quotidienne en URSS, son acharnement à dénoncer certaines dérives criminelles et sa plume engagée confèrent à son analyse une portée singulière. Vaksberg ne regarde pas le système soviétique comme une entité extérieure, mais comme une partie de lui-même, de son histoire familiale, politique, intellectuelle. Et pour nous la relecture d’Hôtel Lux s’impose d’autant plus que, parmi les affaires décortiquées au fil de l’ouvrage, figure le cas Willi Münzenberg, personnalité bien connue au Mas du Barret. Le récit, riche en informations inédites enfouies dans les coffres-forts du Komintern, concerne notamment le drame du bois du Caugnet à Montagne en 1940. Au-delà, le livre montre que Münzenberg ne se réduit pas à la vision occidentale d’une personnalité qui pèse sur la scène politique internationale de l’entre-deux guerres grâce à ses talents et ses engagements. Sous l’ère stalinienne, explique Arkadi Vaksberg, un communiste disposant comme lui de fonctions et de pouvoirs importants était inéluctablement voué à un destin tragique.

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Suite du « feuilleton Münzenberg » à Montagne – La nature de sa stèle mortuaire une nouvelle fois examinée

Par Michel Jolland

Au cimetière de Montagne la stèle de la tombe de Willi Münzenberg, personnalité politique de l’entre-deux guerres dont nous avons souvent parlé dans ces pages, a récemment été nettoyée. Plusieurs spécialistes l’ont examinée pour déterminer la nature exacte du matériau qui la compose. On a parlé de fibrociment, puis de calcaire de la région de Saint-Marcellin, puis d’un moulage en béton avant, dernièrement, de revenir à l’hypothèse de la pierre car on aurait repéré des traces de coquillages. Une chose est sûre : lorsque l’on examine l’inscription, on note l’absence de tréma sur le nom (Münzenberg) et de points sur les « i » (Willi, juin) alors que le mot « août » est dûment pourvu de son accent circonflexe. Que dire de ces absences : choix graphiques ou difficultés techniques ? Grâce au concours amical de madame Colette Allibert, présidente honoraire de l’Association Patrimoine et Histoire de l’Industrie en Dauphiné (APHID), l’enquête sur la stèle s’est enrichie d’éléments nouveaux. A son invitation, Jean-Marc et Philippe, deux passionnés de géologie, se sont rendus au cimetière de Montagne. Ils nous livrent leurs conclusions.

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