Le Mas du Barret

MÜNZENBERG

Journée Münzenberg en Dauphiné – Un témoin raconte

Par Michel Jolland

Dans le cadre du programme « Voyage dans le temps, histoire et mémoire », initié et soutenu financièrement par le Fonds citoyen franco-allemand, « l’Association Européenne Willi Münzenberg » (AEWM), en partenariat avec la commune de Montagne et le « Groupe Gammon, relais de mémoire en Vercors » a organisé, le 14 juin 2023 à la salle des fêtes de Montagne, une manifestation publique intitulée « Journée Willi Münzenberg en Dauphiné ». Le Mas du Barret a si souvent évoqué ce personnage historique qu’il ne résiste pas à la tentation de lui consacrer une nouvelle page. Plus qu’un compte rendu chronologique complet, c’est une note indicative qui est proposée ici.

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La tombe de Willi Münzenberg à Montagne : Madame Ingrid Carberg, auteure suédoise réputée, nous écrit

Par Michel Jolland

Madame Ingrid Carlberg, auteure et journaliste suédoise, membre de la prestigieuse Académie suédoise qui chaque année désigne le prix Nobel de littérature, nous fait l’honneur et l’amitié de réagir à l’un des articles du Mas. Elle publiera cet automne “Marionnettes”, un ouvrage en langue suédoise qui, entre autres, analyse le fonctionnement et le rôle des réseaux de Münzenberg en Suède. Ses recherches l’ont tout naturellement amenée à s’intéresser à Münzenberg lui-même, à l’énigme de sa mort, à sa tombe au cimetière de Montagne, autant de sujets que nous avons souvent évoqués dans ces pages. A la lecture de nos articles, un élément a particulièrement retenu son attention.

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Des Allemands à Montagne en juin 1940 ? Un témoignage qui réalimente les suppositions autour de la mort de Willi Münzenberg

Par Michel Jolland

« La grande histoire se nourrit de la petite », ainsi Maxime Nallé commente-t-il une contribution exceptionnelle de Magali Teyzier au dossier Münzenberg. Celle-ci nous rapporte un récit recueilli auprès de Marie-Thérèse, nièce d’Augusta Mandier qui fut le témoin auditif de la présence de plusieurs allemands à Montagne. Des Allemands qui pourraient être Münzenberg et… quelques comparses. On se souvient que le corps de Münzenberg fut retrouvé à Montagne en octobre 1940 et que certains témoignages indiquent que des « visiteurs étrangers » auraient négocié l’achat d’une voiture dans un café du village, le café Gobertier, en juin de la même année. Le récit de madame Mandier semble recouper ces deux informations. Entre juin et octobre un corps a le temps de se décomposer et Magali Teyzier observe avec pertinence que « les Allemands » seraient arrivés à Montagne « par le bon côté » si, effectivement, ils étaient passés au café Gobertier. Suite à l’échec de l’achat il pourrait y avoir eu désaccord. Ou, si l’on admet l’hypothèse, jusqu’ici conventionnelle, que Münzenberg a été « éliminé » sur commande, on peut admettre que ses comparses étaient ses assassins potentiels. La voiture aurait-elle dû servir à « livrer » Münzenberg quelque part et l’achat raté aurait-il précipité l’assassinat ? Autant de questions susceptibles d’enrichir la liste déjà longue, et sans doute loin d’être close, des supputations sur les tenants et les aboutissants des événements de juin 1940 à Montagne. Dans l’immédiat, mon collaborateur et ami Maxime Nallé, qui se passionne pour le dossier Münzenberg, a estimé le témoignage de madame Mandier d’autant plus intéressant qu’il livre à l’histoire un souvenir anodin, un détail, qui peut se révéler capital. Et il a souhaité expliquer pourquoi.

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Comme un lointain écho : « Le pendu du bois du Cognet » – Deux habitants se souviennent

Par Michel Jolland

Si, le Mas du Barret l’a largement évoqué dans plusieurs articles récents, la mémoire de Münzenberg ne perd rien de sa pertinence pour un bon nombre d’historiens, de politologues ou de militants, dans le village de Montagne (Isère) où il mourut – du moins, pour être exact, où l’on découvrit un corps désséché accompagné de papiers à son nom – sa tombe demeure pour les gens du lieu le seul témoignage concret de sa personne. Plus de 80 ans ont passé depuis le mois d’Octobre 1940 où fut retrouvé celui que, dans la conversation courante, les habitants du village appelaient « le pendu du bois du Cognet » ou « l’Allemand ». Nous proposons aujourd’hui les récits de deux d’entre eux, contemporains de cet événement. Ils avaient depuis longtemps pris conscience de l’importance historique de Münzenberg au moment où leurs propos ont été recueillis mais ils se sont prêtés avec sérieux et beaucoup de gentillesse à l’exercice de la remémoration. Voici donc, rédigés en respectant au plus près les énoncés de leurs auteurs, les témoignages de messieurs Gabriel Boffelli et André Brun. A les lire, on comprend que si l’image du « pendu » s’est estompée, il persiste, comme un lointain écho, les bribes d’un récit qui fait la part belle à des détails absents des documents officiels.

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Willi Münzenberg 3 – Trois roses rouges

Par Michel Jolland

Dans mon article du 2 octobre, j’évoquais la plaquette « rouge et noire » déposée en 2014 par un collectif d’organisations allemandes soucieuses d’honorer la mémoire de Willi Münzenberg et de faire vivre son héritage politique. En réalité cette plaquette reproduit un bref poème intitulé « Dernière requête » écrit en 1915 par Münzenberg.  Dans ce texte, Münzenberg, qui se situe loin de tout enjeu politique, dit avoir cherché la lumière, c’est-à-dire le vrai, le juste, le beau : trois critères fondamentaux de toute vie philosophique. Il demande aussi trois roses rouge foncé pour sa tombe, non pas pour en faire les symboles d’un quelconque engagement, mais simplement parce qu’il aime ces fleurs. Sans doute a-t-il été entendu puisque trois d’entre elles couronnent la gerbe récemment déposée sur sa tombe en cours de rénovation.

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Willi Münzenberg 2 – Montagne : une tombe chargée d’histoire

Par Michel Jolland

Le 17 octobre 1940, deux chasseurs trouvent le corps d’un  homme au pied d’un chêne dans le bois du Cognet près du village de Montagne (Isère). Ils alertent les autorités. Le lendemain, deux gendarmes de la brigade de Saint-Marcellin se rendent sur place pour enquêter, les papiers trouvés sur le corps donnent l’identité du mort, le permis d’inhumer pour cause de  « pendaison par suicide » est délivré. Le 20 octobre on enterre Willi Münzenberg au cimetière de Montagne. Bien que modeste, sa tombe héberge la mémoire d’un riche parcours de vie, celle d’un pan important de l’histoire mouvementée du siècle dernier et celle, toujours mobilisatrice, d’une énigme locale. On y croise également deux personnalités liées à cet ensemble mémoriel : Babette Gross, la fidèle compagne et collaboratrice de Münzenberg et Hans Schulz, son dévoué secrétaire qui, nous le verrons, sera le titulaire officiel de la concession.

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Willi Münzenberg -1 D’Erfurt (Thuringe, Allemagne) à Montagne (Isère, France)

Par Michel Jolland

Le 22 août de l’année dernière, sous le titre « Vers un nouveau regard sur Willi Münzenberg ? », le Mas du Barret annonçait la création d’une association à la mémoire de cet acteur majeur du communisme international de l’entre-deux guerres, opposant de la première heure au nazisme, adversaire du stalinisme dès 1937-38, initiateur d’importants mouvements de solidarité internationale et d’organisations anticoloniales et anti-impérialistes. Une personnalité qui appartient à l’histoire mondiale tout en étant indissolublement liée à celle du Dauphiné puisque les chemins du destin ont voulu qu’elle trouve la mort et soit inhumée à Montagne, près de Saint-Marcellin (Isère). Cette fin tragique dans un paisible village situé entre le plateau de Chambaran et la vallée de l’Isère est d’ailleurs d’autant plus marquante qu’elle demeure énigmatique, comme le précise un article posté sur le Mas le 14 novembre 2015 (https://www.masdubarret.com/?p=210).

L’ASSOCIATION EUROPÉENNE WILLI MÜNZENBERG a été créée en avril 2022. Sa première démarche, très concrète, a été de restaurer la tombe du cimetière de Montagne. Nous en parlerons prochainement. Cette restauration toutefois n’est pas une fin en elle-même, elle s’inscrit dans un travail plus large visant à étudier et faire connaître la vie et l’action de Willi Münzenberg et de son entourage. Plusieurs pistes se présentent. Il y a d’abord l’indispensable rappel des principaux éléments de biographie permettant de situer cette personnalité et le contexte dans lequel elle a évolué. L’exploration du lien particulier qui l’unit au village de Montagne est certes plus localiste, mais tout aussi utile. Cependant si l’on veut aller plus loin, et tenter d’y voir plus clair dans la superposition d’images construites au fil du temps par les publications et les commentaires relatifs à Münzenberg, il convient à la fois d’élargir le champ d’étude et de privilégier une approche neutre de la réalité des faits et de leur portée historique.

Voici, dans cette perspective, le premier d’une série d’articles rédigés en écho à l’interrogation de départ : « Vers un nouveau regard sur Willi Münzenberg ? ».

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Vers un nouveau regard sur Münzenberg

Par Michel Jolland

Le 17 octobre 1940 dans les bois de Montagne, près de Chambaran, deux chasseurs trouvent un cadavre en décomposition au pied d’un arbre où se balance encore un bout de corde. Dans les vêtements du mort, la gendarmerie de Saint-Marcellin découvre des papiers au nom d’un certain Willi Münzenberg. La justice conclut au suicide et, le 20 octobre, le corps est enterré dans le cimetière de Montagne. Cet épisode, ainsi que l’énigme entourant les circonstances exactes de la disparition de Münzenberg ont souvent été évoqués, y compris dans ces pages (https://www.masdubarret.com/?p=210). Relativement oubliés pendant la guerre froide, le parcours, le rôle et l’influence politiques de Münzenberg, sont devenus, en ce début de XXIe siècle, des objets de recherche de premier plan. Parallèlement, on prend conscience en Dauphiné que le moment est venu de porter un nouveau regard sur « l’Allemand mort à Montagne » en vue de l’ancrer dans le panorama historique et mémoriel local.

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