Les métamorphoses du sacré politique entre 1790 et 1801 – De la liturgie politique à la réintégration stratégique du catholicisme
Michel Jolland
« Liturgies patriotiques et mobilisation des populations », ce titre du chapitre 19 d’un ouvrage sur les années 1944-45 en Bretagne, en libre consultation sur Internet (1), pourrait à l’identique s’appliquer aux grandes fêtes révolutionnaires. Entre la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 et le coup d’état du 18 brumaire (9 novembre 1799), ces cérémonies instaurent un ensemble codifié de rites civiques destinés à sacraliser la Nation et à remplacer, ou à tout le moins à concurrencer, la liturgie catholique traditionnelle. La Révolution française ne se contente pas de transformer les institutions politiques, elle reconfigure également le régime symbolique qui fonde la communauté politique. En remplaçant la souveraineté monarchique de droit divin par la souveraineté nationale, elle déplace le lieu du sacré sans pour autant abolir la nécessité d’un principe de cohésion transcendant. Entre 1790 et 1801, plusieurs tentatives successives cherchent à résoudre cette question : la liturgie patriotique des fêtes révolutionnaires, la tentative d’institutionnalisation morale de la théophilanthropie, puis la recomposition concordataire opérée par Napoléon Bonaparte. Loin de constituer un simple processus de sécularisation, cette séquence révèle une expérimentation continue des formes de sacralité politique.
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