Le mas du Barret

Le mas du Barret… on lance le film !

Parlera-t-on sur cette page de Rihanna, Louane ou Vanessa Paradis ? Pourquoi pas ? Notre ami Bernard Giroud chroniqueur au « Mémorial de L’Isère » ne vient-il pas de montrer que cette dernière, par exemple, avait des attaches familiales tout près de chez nous…

 SV aérien coupée

« Chez nous » : Saint-Vérand, Isère.

Inventer

Il faut toujours dire d’où l’on vient, cela évite souvent d’avoir à dire où l’on va ! Bien qu’à vrai dire, et il suffit d’avoir tâté un peu de la « généalogie », pour comprendre qu’on n’en sait guère plus sur les « origines » que sur les destinations. Heureusement. Pour beaucoup ce serait l’obligation de renoncer à quelques rêves, ou s’interroger sur ses fantasmes (d’appartenance, de « racines » !)… mais pour tous ce serait se priver de cette possibilité que nous avons d’inventer. Certes nous n’inventons pas le passé comme on « invente une histoire », mais plutôt comme un trésor disparu qu’on met au jour. On fait venir à la lumière des faits et des documents, et on leur donne du sens. C’est un peu ce qu’écrit Roland Barthes dans « Le discours de l’histoire ».

Dans le Mas du Barret, nous allons inventer quelques trésors, dont certains ne sont pas vraiment cachés, on les a sous les yeux, mais on les voit mal, on ne sait pas les regarder, les « envisager ».

Avec beaucoup de modestie, sans trop jouer les savants, mais sans tricher non plus avec la difficulté quand elle est présente, sans refuser non plus les incidences ou les références, elles ne sont pas là pour « faire de l’effet » mais pour encourager ceux qui le souhaitent à aller voir plus loin, ailleurs… avec modestie donc, nous allons explorer ce petit « chez nous » qui, longtemps, se crut exclu de « l’Histoire » et, comme beaucoup de villages, se pensait perdu « au fin fond de… », sans la moindre particularité à offrir.

Au fin fond du Centre du Monde

Au Mas du Barret, peut-être parce que nous avons l’esprit mal placé, nous pensons que tous les lieux, même la Place de la Concorde, se trouvent « au fin fond de… ». Et au centre du Monde. En Ardèche, il y a des « Sources de la Loire » un peu partout. Quand on cherche « la » source de la Cumane, qui traverse Saint-Vérand, c’est un peu pareil. Le mot « source » ne devrait jamais s’écrire au singulier. Dans les sources de la modernité, dans les sources de l’histoire de France, dans les sources de la littérature et de l’art, on trouvera, si l’on cherche un peu, quelque chose de tous ces coins perdus qui se pensaient « au fin fond de », tout autant (même si  « autrement ») que la Place de la Concorde ou le Plateau de Gergovie.

Victor Hugo, Donzelli, Dante, Léonard de Vinci et notre cortège de « Raymond »

Dans les pages du « Mas du Barret », on parlera donc de Victor Hugo, dont le nom est inséparable de celui de Paul Berret, qui s’attacha une partie de sa vie à analyser son œuvre. Paul Berret qui vécut, écrivit et mourut à Saint-Vérand. Non loin du « Mas du Barret » qui donne son nom à ce site. Paul Berret qui écrivit « Les brûleurs de loups », ce blason du Dauphiné.

On parlera de Donzelli, pas nécessairement de Valérie Donzelli que tous les cinéphiles connaissent, mais de son grand-père Dante, et son arrière grand-père Duilio, parce que celui-ci nous a légué l’une de ses plus belles sculptures : Notre Dame des Champs.

On parlera… mais foin des bandes annonces ! Passons au film. Il y aura de belles séquences : le Château de Quincivet, son église disparue, la radiesthésie et le jardin des ombres, Léonard de Vinci et Raphaël, oui, vous avez bien lu, et la bataille pour l’école laïque, et des héros hauts en couleurs.

Il y aura Biscuit le chercheur d’eau qui ne buvait que du vin, le Père Français qui mieux que quiconque porta ce nom prestigieux, et… Raymond. Tant de Raymond ! L’homme qui crut à la beauté du patois, c’en est un. L’homme qui crut au passé de Saint-Vérand, c’en est un autre. L’enfant aux yeux clairs qui s’envola avec sa moto sur la route de Murinais, ce n’est que le troisième…

Passons au film.