Le mas du Barret

Louisette Jolland s’en est allée

On pouvait ne savoir d’elle que cela : c’était l‘épouse de Michel Jolland, connu localement pour son engagement dans l’étude du patrimoine culturel dauphinois et ses recherches sur  Münzenberg, membre de l’Académie Delphinale. Mais Louisette, dynamique, ouverte, généreuse, avec ce sourire spontané qui la caractérisait, ne peut évidemment se résumer à cette seule qualité. Partout où elle s’impliquait, elle était pleinement présente. Elle avait son mot à dire, son point de vue à défendre. Et des arguments ! Et des propositions… Elle ne se contentait jamais d’accompagner : elle participait, questionnait, suggérait, faisait avancer les choses. Le tout avec une énergie communicative et une voix chantant le Sud, chaleureuse et reconnaissable entre toutes.

Même si de nombreux lecteurs du Mas la connaissaient, les circonstances invitent à quelques mots de présentation.

Après une enfance heureuse à Auzet, en Haute-Provence, Louisette Isoard poursuit ses études à Digne puis à Grenoble, où elle obtient une licence de lettres modernes. Mariée et devenue professeure de français, elle enseigne notamment à Roussillon, La Côte-Saint-André, Roanne puis au lycée agricole du Valentin, à Bourg-lès-Valence. Partout, elle est appréciée de ses élèves et de ses collègues.

Toute sa vie, elle conservera  un profond attachement à la littérature, à la poésie et à l’écriture.

À la retraite, Louisette consacre une part importante de son temps à l’histoire locale et à la transmission de la mémoire. Ses recherches portent sur sa famille et sur Auzet, son village natal, elles s’étendent également à Saint-Vérand, village d’origine de son mari.

Louisette rassemble des informations, recherche des documents et s’attache à retrouver les traces des familles, des lieux et de la vie d’autrefois. Elle rédige deux manuscrits dans lesquels elle préserve une part de la mémoire auzétane et consigne ses souvenirs personnels : Le Col de la Mémé et Les Campagnes ou « Bastiés ».

Cet intérêt trouve naturellement son prolongement au sein de l’Association Saint-Vérand Hier et Aujourd’hui, consacrée à l’histoire et au patrimoine local. Son goût des lettres et son expérience d’enseignante s’expriment dans sa participation aux publications de l’association, les Cahiers de Saint-Vérand. Elle contribue ainsi, avec discrétion mais efficacité, au travail collectif.

Son engagement ne se limite pas au travail de recherche et de publication. Lors des manifestations, elle participe aussi à l’accueil du public et à la vente des Cahiers. Ceux qui l’ont rencontrée dans ces occasions se souviennent de sa disponibilité et de sa gentillesse.

Au début des années 2000, atteinte d’une variante de la maladie de Charcot, Louisette est privée de l’usage de ses membres puis, progressivement, de ses capacités vitales. Elle est se bat avec un courage qui force l’admiration. Michel, épaulé par des soignants attentifs et dévoués, l’accompagne chaque jour, veillant sur elle jusqu’au dernier moment. Elle décède à son domicile, vendredi 14 août.

De Louisette, resteront sa joie de vivre et son sourire, sa générosité, son sens de la famille, son goût des lettres et de la transmission, mais aussi le courage et la dignité avec lesquels elle a affronté les dernières années de sa vie.

Auzet, Col de Verdaches au lieu-dit: « Entre les deux chemins ». Octobre 2007

Auzet, à Jean Médou devant une « bastié » typique. Octobre 2007

Auzet, sur le site des ruines de l’ancienne chapelle de Jean-Médou, face au lieu-dit « l’adrech de l’église », après les fouilles faites par les services régionaux du Patrimoine. Octobre 2007

Saint-Vérand (hameau de Rolland) , avec madame Rival, doyenne du village. Avril 2008

Saint-Vérand, exposition Raymond Inard, accueil d’une classe de l’école primaire. Novembre 2009

Saint-Vérand, Conférence sur les usages du bois, stand de l’association Saint-Vérand Hier et Aujourd’hui. Mai 2010

Dernière modification : 26 août 2026

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